Qui sont-ils?

Outre l'âge (de 18 à 29 ans) et le sexe (masculin), les jeunes qui séjournent à l'Auberge du coeur le Tournant ont ceci en commun qu’ils sont sans domicile fixe, c'est-à-dire sans abri. En fait, la plupart de ces jeunes sont sans abri de façon cyclique. Les circonstances de leur vie font en sorte que, plus ou moins fréquemment selon les cas, ils se retrouvent à la rue. Ils n'ont pas encore rejoint les rangs des itinérants chroniques, mais leur situation est hautement préoccupante.

« La situation des jeunes sans-abri présente de nombreux dangers. Leur existence est dominée par des tentatives répétées de se trouver ou de conserver un gîte ou un abri. Cette situation les rend vulnérables et impressionnables. Leur dérive a habituellement lieu dans la marge de la société, là où les influences négatives comme la délinquance, la dépendance aux drogues et à l’alcool et la prostitution jouent un rôle prépondérant.»  (J.D. van der Ploeg : 1989). 

Derrière chacun des 3000 jeunes accueillis par l'Auberge du coeur le Tournant, il y a une histoire. Une histoire le plus souvent extrêmement douloureuse. Cassures familiales, violence, abus, abandon, toxicomanie ou alcoolisme du jeune ou de ses parents, placements répétés en centre d'accueil, toutes ces situations représentent des chapitres fréquemment lus lors de l’accueil des jeunes.

« Le résultat chez ces jeunes de l'accumulation des problèmes familiaux, des brisures de relation, des difficultés à réussir ou à s'adapter, des nombreux placements et déplacements que certains ont pu vivre, est une rupture au plan de l'intégration sociale.» (Réflexion sur la situation des jeunes sans-abri, Collectif Ville de Montréal, MSSS et organismes communautaires : 1993)

Ainsi, au moment où ces jeunes devraient commencer à se tailler une place dans le monde adulte, leur héritage socio-économique et psychologique, conjugué à un contexte de mutations sociales (famille, école et emploi), les pousse vers la marge. Cette situation de rupture a pour corollaires la pauvreté, la solitude et le mal de vivre. Au total, ils se sentent exclus et cultivent parfois l’exclusion comme un bras d’honneur lancé à cette société qui semble leur refuser une place. La famille, l'école, le travail, ils n'en sont pas, ils n'en sont plus. Et pourtant, ils en rêvent!

ceux qui y entrent

 
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